LE FLEUVE SAINT-LAURENT

Reliant les Grands Lacs à l'océan Atlantique, le fleuve Saint-Laurent est le troisième d'Amérique du Nord, après le Mississippi et le Mackenzie. Cette immense masse d'eau douce, alimentée par plusieurs affluents, est composée, dans la zone de Québec, de deux portions. L'estuaire fluvial, qui débute à Trois-Rivières, s'interrompt à la pointe est de l'île d'Orléans. Là commencent l'eau salée et l'estuaire moyen, qui deviendra maritime à l'embouchure du Saguenay.

Modelé par un relief capricieux, influencé par les saisons, le fleuve voit ses débits et niveaux varier énormément. 

À Québec, le volume moyen du fleuve est d'environ 12 000 mètres cubes/seconde et provient à 60 % des Grands Lacs.

MOBILISATION DES ACTEURS

Depuis déjà plusieurs années, il a été choisi de privilégier au Québec une gestion intégrée des ressources en eau dans une perspective de développement durable. La gestion intégrée, une approche de plus en plus préconisée à plusieurs endroits dans le monde permet de tenir compte des besoins multiples associés aux ressources hydriques, de la multitude et de la complexité des enjeux qui y sont associés, ainsi que de nombreux intervenants concernés. Ainsi, la gestion intégrée permet de répondre aux prérogatives d’une utilisation durable de l’eau, soit une protection adéquate des milieux naturels ainsi que le développement économique et social du territoire. Elle prend donc en compte les aspects physiques, biologiques, chimiques, économiques et sociaux dans le processus de planification et de suivi des actions définies.

La gestion intégrée implique une approche de concertation permettant de concilier les divers intérêts et besoins liés aux ressources hydriques ainsi qu’une harmonisation des différents usages qui y sont liés. Ceci se traduit par un mode de gouvernance permettant aux acteurs intéressés, sur une base volontaire, de s’impliquer dans la planification, le choix et l’application des actions concertées visant la protection et la mise en valeur des ressources hydriques.

L’instauration d’une nouvelle gouvernance des ressources en eau au Québec a été entreprise avec l’adoption de la Politique nationale de l’eau en 2002, et confirmée par l’adoption en 2009 de la Loi affirmant le caractère collectif des ressources en eau et visant à renforcer leur protection. Cette loi confirme l’intérêt du Québec pour la mise en œuvre d’une gestion intégrée du Saint-Laurent. À ce titre, elle permet au ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) de mettre en place des mécanismes de gouvernance permettant d’assurer une concertation des utilisateurs et des divers milieux intéressés, et de planifier et d’harmoniser des mesures de protection et d’utilisation des ressources en eau et des autres ressources naturelles qui en dépendent.

Le Plan d'action Saint-Laurent 2011-2026 fait l'objet d'un financement de 70 M$ pour la période 2011-2016.

LA TCR-QUÉBEC

Le Plan d’action Saint-Laurent 2011-2016 préconise la mise en place d’une gestion intégrée du Saint-Laurent (GISL) pour une douzaine de zones longeant le Saint-Laurent, incluant la zone de Québec. La mise en œuvre de la GISL permet d’étendre l’approche de gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) à l’ensemble du Québec méridional en complétant la couverture du territoire déjà visé par la gestion intégrée de l’eau par bassin versant déployée par le gouvernement du Québec. La GISL mène à l’instauration progressive de tables de concertation régionales qui sont toutes associées à l’une des zones de gestion intégrée des ressources en eau du Saint-Laurent.

En janvier 2013, le ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEFP) et la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ) ont signé une entente afin que la CMQ assure la mise en place, la coordination et la présidence de la Table de concertation régionale de la zone Québec (TCRQ). Le mandat de la TCRQ, qui a été officiellement fondée le 4 mars 2014, est de définir des actions prioritaires en collaboration avec les acteurs de l’eau régionaux afin de planifier et harmoniser des mesures de protection et d’utilisation des ressources en eau et des autres ressources naturelles qui en dépendent, dans une perspective de développement durable. La TCRQ regroupe 17 membres représentant les acteurs de l’eau du milieu.

La TCRQ regroupe 17 membres provenant des secteurs municipaux, économiques, communautaires et environnementaux.

QUALITÉ DE L'EAU

La qualité de l’eau du fleuve repose sur toutes les eaux qui le nourrissent, soit celle des Grands Lacs et des rivières en amont. En gros, malgré plusieurs traces de contaminants, sa qualité est relativement bonne, mais peut varier selon le temps et la localisation. Elle est affectée par plusieurs phénomènes, dont les rejets d’eaux usées ou la pollution agricole diffuse. 

Au cours des 30 dernières années, le Québec a beaucoup fait et investi pour diminuer les rejets polluants, industriels, agricoles et urbains, entre autres par la construction de centaines d’usines de traitement des eaux et la mise en place de mesures au niveau agricole et industriel.

Cependant, certaines menaces persistent : trop de phosphore dans certaines rivières, des surverses d’eau usée, des produits pharmaceutiques et des perturbateurs endocriniens contenus dans les plastiques, textiles ou équipements électroniques.

De 1987 à 2012, on a construit 21 stations d’épuration dans la zone de Québec améliorant considérablement la qualité de l’eau du fleuve.

USAGES ET PROTECTION

Eaux des villes
Les eaux usées sont des eaux polluées transitant dans les canalisations sanitaires, pouvant contenir des débris solides, des agents pathogènes, des déchets organiques et jusqu’à 200 produits chimiques. Elles sont traitées avant de parvenir au fleuve, mais une partie peut se retrouver dans le milieu récepteur, entre autres lors de surverses.

Les eaux pluviales proviennent quant à elles du ruissellement de la pluie sur des surfaces pavées, en zone urbanisée. Chargées de matières en suspension, de sels de déglaçage, de pesticides, de métaux et d’hydrocarbures, elles peuvent contaminer les écosystèmes. Plusieurs mesures permettent d’améliorer la gestion des eaux de pluie, d’en réduire le ruissellement et du même coup leur impact sur l’environnement.

Dans les années 80, devant la dégradation rapide de la qualité de l’eau, les gouvernements ont mis en place des mesures correctives pour réduire les sources de pollution.

Eaux des industries
Les industries occupent 23 millions de mètres carrés à Québec et 22 millions de mètres carrés à Lévis. En tout, le territoire compte une quarantaine de parcs et de zones réservées où se concentrent la plupart des activités industrielles.

On y trouve autant des usines de béton qu’une raffinerie de pétrole, des carrières de sable que des dépôts à neige. Or les rejets, ou effluents, industriels posent des problèmes de pollution de l’eau très complexes, selon leur nature. À ce titre, la Loi sur la qualité de l’environnement exige des certificats d’autorisation et impose des normes très sévères.

Malgré des procédés souvent polluants, les industries se conforment aux normes gouvernementales en traitant leurs eaux usées.

Eaux des champs
Au cours des décennies, l’agriculture s’est modernisée à grande vitesse. Pour accroître la productivité, on a modifié l’hydrographie naturelle avec des canalisations. On a aussi dénudé les sols en plus d’y ajouter des fertilisants. Ainsi, par voie de ruissellement, l'azote et le phosphore peuvent aboutir dans les rivières puis dans le fleuve.

Plus récemment, des bonnes pratiques agricoles ont été mises en place avec l’appui du gouvernement, l’implication de différents organismes du milieu et des entreprises. Ces mesures ont permis de réduire considérablement les sources pollution ponctuelles, d’optimiser l’usage de certains fertilisants, et de réduire le ruissellement de l'eau contaminée. La pollution agricole demeure toutefois problématique dans plusieurs secteurs et les efforts se poursuivent pour la contrôler.

La pollution agricole diffuse demeure problématique dans certains secteurs, ayant des répercussions sur des cours d’eau se rendant jusqu’au fleuve.

DIVERTISSANT

Les sites de plein air favorisent la vie sociale, la santé, le patrimoine, l'environnement et l'économie. Dans notre région, ces sites abondent et contribuent à la qualité de vie, en facilitant les activités nautiques ou terrestres.

Des milieux naturels et bâtis de qualité, des espaces verts, des environnements diversifiés et sécuritaires, une cohabitation harmonieuse des usages et une perspective de développement durable... Voilà comment on définit un milieu de vie attrayant, offrant bien-être et santé à la population.

Le Saint-Laurent y est pour beaucoup. Depuis toujours, on a profité de ses ressources pour vivre, voyager et se divertir.

Aujourd'hui, 80 % des Québécois vivent sur les rives du Saint-Laurent ou celles de ses affluents. Près de 60 % pratiquent des activités qui y sont liées.

LES PAYSAGES

Résultat d’une géomorphologie unique, les paysages du territoire s’orientent vers le fleuve : celui-ci s’élargit d’ouest en est, encadré de terrasses littorales et d’escarpements surmontés de plateaux. L’ensemble donne des vues souvent spectaculaires. Quatre paysages mettent en valeur le fleuve : les paysages de l’estuaire d’eau douce, de l’estuaire moyen du Saint-Laurent, des terrasses de la rive nord et des plaines de la rive sud.

Les paysages de l’estuaire d’eau douce sont les plus contrastés : les bordures du littoral, parfois étroites, longent des crêtes rocheuses escarpées comme le cap Diamant, les environs de la chute Montmorency ou la côte du Passage à Lévis. Pour franchir ce relief, les liens routiers sont limités et de longs escaliers nécessaires. Les paysages de l’estuaire moyen se déploient à l’est du Cap-Tourmente, au pied de versants boisés peu habités.

Sur la rive nord s’étendent des paysages en terrasses qui longent le piémont des Laurentides. La colline de Québec y forme un dos-d’âne dominé par les édifices de la colline Parlementaire et des secteurs commerciaux près des ponts. Ils incluent les quartiers anciens de Québec et de Sillery, les quartiers denses le long des rivières Saint-Charles et Duberger, les noyaux villageois et les terres agricoles de la côte de Beaupré. Sur la rive sud, les plaines de Lotbinière et de Bellechasse forment des paysages se déployant jusqu’aux Appalaches, tantôt urbains avec les quartiers de Lévis, villageois le long de la côte de Bellechasse ou agricoles.

Des panoramas uniques et de grandes valeurs associés au Saint-Laurent contribuent à l'attractivité de la région.

On voyage par goût des paysages. Chaque année, des milliers de croisiéristes y admirent la puissance du fleuve et des paysages.

La zone de Québec offre quatre types de panoramas. Certains sont emblématiques : l’estuaire du fleuve, les silhouettes bâties de Québec et de Lévis, les collines du massif laurentien. D’autres sont plus visibles à partir du fleuve, comme en paquebot, dont la pointe est de l’Île-d’Orléans de même que les îles au Ruau et Madame. Plusieurs panoramas ont d’abord un intérêt esthétique : ce sont des plans d’eau, des chutes ou des marinas, et au moins sept villages classés parmi les plus beaux du Québec. Enfin, les points de repère visuels que sont les deux ponts, le Château Frontenac, les structures de Valero la nuit ou les clochers des villages.

70 % des touristes choisissent des itinéraires thématiques et des routes touristiques et la plupart s'arrêtent à Québec, ville du patrimoine de l'UNESCO.

HÉRITAGE ET PATRIMOINE

Corridor majeur, porte d’entrée de l’Amérique, le Saint-Laurent a façonné l’histoire, la culture et les usages du littoral par les humains. D’ailleurs, en 2010, l’Assemblée nationale du Québec reconnaissait le fleuve «comme un patrimoine national à protéger, à développer et à mettre en valeur».

Les Amérindiens s’arrêtaient depuis longtemps sur ses rives. Le régime seigneurial de la Nouvelle-France y imposa le découpage de longs lots perpendiculaires au fleuve. Sous le régime anglais s’élevèrent la Citadelle et les Forts de Lévis, alors que le port et les chantiers navals occupaient une grande partie des rives.

Ce passé puissant a laissé de multiples traces. Les sites patrimoniaux déclarés de l’île d’Orléans, du Vieux-Québec, de Sillery, de Beauport et de Charlesbourg, de même que plusieurs sites historiques, dont le lieu historique national du Canada du chantier maritime A.C. Davie, témoignent de l’ancienneté de la région de Québec. Le patrimoine immobilier, qu’il soit religieux, institutionnel, résidentiel, rural, maritime, portuaire, industriel ou archéologique, se décline en de multiples bâtiments, structures, jardins ou vestiges. En complément, des documents, objets, savoir-faire de même que des pratiques, comme le canot à glace, et une riche toponymie révèlent son histoire et sa forte relation au fleuve Saint-Laurent.

Près de 90 % des biens patrimoniaux protégés se localisent dans les plaines en bordure du fleuve.

ÉTONNANT

Malgré toutes les pressions exercées sur lui depuis des siècles, le Saint-Laurent conserve une intégrité écologique que d’autres grands fleuves ont perdue. Son écosystème maintient ses fonctions écologiques essentielles et abrite des populations en santé.

L’évolution de la faune donne de bons indices. Plusieurs oiseaux sont en croissance rapide, dont la grande oie des neiges, la bernache du Canada, le canard noir et le grand héron. On voit revenir dans les eaux du fleuve le bar rayé, éteint depuis 40 ans, comme l’esturgeon jaune.
Toutefois, les pressions sont toujours bien présentes. Elles sont parfois d’origine anthropique comme les activités provoquant une contamination de l’eau. Elles peuvent aussi être naturelles comme l’érosion, les submersions, les maladies, les aléas climatiques.

Les milieux naturels riverains remplissent plusieurs fonctions; en plus de constituer un habitat pour la faune et la flore, ils servent de rempart contre l'érosion.

LA FAUNE ET LA FLORE

Un écosystème aquatique loge des centaines d’organismes qui y trouvent nutrition et abri. Celui du fleuve voit l’eau douce devenir saumâtre de l’amont vers l’aval, ce qui conditionne à la fois la faune et la flore.

Même si les berges nord et sud du fleuve ont été très perturbées par le développement, la zone de Québec possède toujours des marais intertidaux (recouverts à marée haute) d’eau douce parmi les plus productifs au monde. Leur biomasse végétale alimente la chaine alimentaire des poissons et oiseaux aquatiques.

L’un des grands défis de la communauté mondiale est d'empêcher la disparition de milliers d’espèces animales ou végétales menacées d’extinction par la transformation des lieux, la pollution ou les changements climatiques.

Dans la grande région de Québec, on retrouve quatre espèces de poisson vulnérables soit l’alose savoureuse, l’éperlan arc-en-ciel, le fouille-roche gris et le mené d’herbe; l’anguille d’Amérique et l’esturgeon jaune sont susceptibles de le devenir.

LES MILIEUX HUMIDES

On appelle milieux humides ces sites saturés d’eau ou inondés, à la végétation et au sol particuliers. On les classe en sept catégories : eau peu profonde, marais, prairie humide, marécage et trois types de tourbières. Ces écosystèmes contiennent une grande biodiversité, dont plusieurs espèces vulnérables. Ils rendent aux humains d’énormes services, en contribuant à la qualité de l’eau et de l’environnement. Par exemple, ils réduisent les gaz à effet de serre en séquestrant le carbone, ils alimentent la nappe phréatique et freinent l’action érosive du vent, tout en permettant la randonnée pédestre ou l’ornithologie.

La rive nord se distingue avec les battures riches de Saint-Augustin-de-Desmaures, Beauport ou Cap-Tourmente, où le scirpe attire des milliers d’oiseaux migrateurs, tout comme dans les marécages et grands marais de l’Île-d’Orléans. 

Sur la rive sud, la tourbière de la Grande plée Bleue est l'un des plus grands milieux humides de l'est du Québec.

DES AIRES PROTÉGÉES

Habitat faunique, parc marin ou refuge biologique, leurs désignations sont multiples. Ils relèvent parfois du gouvernement fédéral, parfois du Québec. Quant à leur gestion, elle peut être assumée par des organismes de conservation.

Dans la zone de Québec, 9 % du territoire est protégé, essentiellement dans le fleuve et sa bordure d’un kilomètre, entre l’Île-d’Orléans et la Côte-de-Beaupré. La rive nord abrite entre autres cinq réserves naturelles sur des terres privées, dont celle des Battures-de-Saint-Augustin-de-Desmaures. Sur la rive sud, on protège des aires d’oiseaux aquatiques, cinq forêts exceptionnelles et deux zones dont la flore est menacée.
Le gouvernement fédéral a désigné comme aire protégée la Réserve nationale de faune du cap Tourmente, où s’arrêtent chaque année des milliers d’oies, et le Refuge d’oiseaux migrateurs de Saint-Vallier, sur la rive sud.

Les réseaux des aires protégées, terrestres et aquatiques, couvrent environ 9 % du Québec.

DES MILIEUX NATURELS

D’autres milieux naturels sont cruciaux pour la faune et la flore, mais leur protection est plus limitée. On reconnaît cependant des aires de conservation gérées, des sites fauniques d’intérêt, des zones importantes pour la conservation des oiseaux (ZICO) et des parcs nature urbains.

Alors que plusieurs terrains, souvent limitrophes au fleuve, sont privés et… privés de toute protection. Généralement, les battures et les rives du fleuve, à l’exception des zones urbaines de Québec et Lévis, concentrent des milieux protégés et des espèces menacées ou vulnérables.

Selon certaines analyses, la valeur écologique du littoral est jugée de bonne à très bonne. 

ESPÈCES ENVAHISSANTES

Au début de l’année 2017, la présence de la carpe de roseau dans le système du fleuve Saint-Laurent a été confirmée par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. Aucune indication de la présence de carpes argentées, de carpes à grosse tête ou de carpes noires n’a été détectée jusqu’à présent.

La carpe de roseau se nourrit de végétation aquatique. Étant donné sa croissance rapide, son appétit vorace et son mode d’alimentation, elle peut fortement endommager l’habitat du poisson, perturber le fonctionnement des écosystèmes aquatiques et nuire à la qualité de l’eau. Cette espèce peut vivre jusqu’à 20 ans et peut rapidement atteindre une taille qui la met hors de danger face à la plupart des prédateurs aquatiques. De plus, l’historique de colonisation des espèces de carpes asiatiques démontre que l’implantation de la carpe de roseau facilite l’implantation des trois autres espèces.

Après la destruction des habitats naturels, c’est l’arrivée d’espèces exotiques qui compromet le plus un écosystème. Ces envahisseurs végétaux, animaux ou micro-organismes, arrivent de partout, par des plantes importées ou les grands navires. Il est souvent impossible de les éliminer et très coûteux de contrôler leur progression.

Si les marées et la salinité de l’eau freinent l’installation des plantes exotiques, les changements climatiques pourraient, en diminuant le niveau d’eau, agrandir les surfaces fragiles. Cela s’observe déjà en amont de Québec, avec le roseau commun asiatique, l’une des huit espèces problématiques relevées dans la zone, avec la renouée japonaise et la salicaire pourpre.

Les espèces fauniques sont tout aussi menaçantes, en particulier la moule zébrée, répandue des Grands Lacs à Montmagny, le crabe chinois à mitaines qui survit à tout, la crevette rouge sang et le gobie à taches noires, abondant sur la rive nord.

Pour connaître les cinq étapes de nettoyage d'embarcations afin de prévenir l'introduction et la propagation d'espèces exotiques envahissantes dans différents plans d'eau, cliquez ici.

DYNAMISANT

Le système de transport maritime Saint-Laurent–Grands-Lacs s’étire sur 3 700 kilomètres, de l’Atlantique au lac Supérieur, et dessert le cœur industriel et agricole de l’Amérique du Nord, un territoire d’environ 100 millions de personnes. Sa portion fluviale, un chenal navigable de 1 600 kilomètres, s’arrête à Montréal, là où commencent la Voie maritime et ses 15 écluses.

Plus de 250 millions de tonnes de marchandises y circulent chaque année. L’efficacité d’un tel système dépend de la capacité du réseau portuaire, des connexions routières et ferroviaires, de la main d’œuvre, des lois, des coûts et services, etc. Ses avantages environnementaux sont considérables : un navire utilise moins de carburant que les autres modes pour le même volume de marchandise transporté.

Avec un axe de transport majeur comme le Saint-Laurent et des installations portuaires de qualité, la région de Québec dispose d’un atout pour desservir différents secteurs industriels, dont le domaine des mines, de la métallurgie et de l’énergie.

Un navire avec 30 000 tonnes de marchandises transporte l'équivalent de 300 wagons ou de 960 camions.

UN  PORT INTERNATIONAL

Le port de Québec est le port en eau profonde situé le plus près des Grands Lacs. Il peut accueillir à marée basse des navires de 15 mètres de tirant d’eau. Des navires domestiques y arrivent des Grands Lacs, chargés de marchandises comme du grain ou des minerais. Leur contenu est transféré dans de gros cargos en partance pour l’Europe ou l’Asie. Le port dessert plusieurs importateurs ou exportateurs du Québec et du Canada oeuvrant entre autres dans les domaines minier, agricole et énergétique.

L’Administration portuaire de Québec a autorité sur 35 kilomètres carrés d’eau, 220 hectares de territoires portuaires et près de 30 quais. Ses activités industrielles se concentrent à Beauport (vrac solide et liquide), dans l’Estuaire (silos à grain, services portuaires, etc.) et à l’Anse au Foulon (grains, engrais, sel de déglaçage, granules de bois). Les quais privés de Valero reçoivent quant à eux du pétrole d’outre-mer et de l’ouest du continent via Montréal.

Près de 70 % des marchandises transbordées à Québec sont internationales.

DE NOMBREUX ÉQUIPAGES

Un port d’envergure a besoin de services spécialisés. Les opérateurs de terminaux assurent la manutention des marchandises et embauchent des débardeurs. Des services de remorquage aident les navires à accoster. Le port loge aussi des barges, des navires de services et des équipements d’intervention environnementale.

Toute une expertise professionnelle s’est construite en lien avec les opérations : agences et courtiers maritimes pour les contrats et assurances, architectes navals, associations sectorielles, etc. Le pilotage est obligatoire sur le fleuve et l’une des deux corporations de pilotes desservant le fleuve est basée à Québec. 

Plusieurs entreprises en lien avec les activités maritimes sont présentes dans la région de Québec. On y trouve un grand armateur, des entreprises de services portuaires et des opérateurs touristiques. La Garde côtière canadienne et la Société des traversiers du Québec y sont également basées. 

L’activité maritime représente près de 5 000 emplois directs et indirects dans la grande région de Québec.

AU GRÉ DES CROISIÈRES

Le fleuve Saint-Laurent accueille de plus en plus de croisières internationales, et ce, principalement dans l’axe Canada–Nouvelle-Angleterre. Des neuf escales québécoises, Québec est la destination phare, et en pleine croissance. De 56 000 passagers en 2000, le port en a vu débarquer 180 000 en 2014, majoritairement américains. 

Pour les croisières excursions, Croisières AML est le principal fournisseur de tels services. Les traversiers, destinés d’abord au transport utilitaire, desservent aussi de nombreux touristes, et représentent donc un bel atout de développement. Ils permettent aux touristes et résidents de la grande région de Québec d’accéder aux centres-villes de Québec et Lévis, aux pistes cyclables et réseaux de transport en commun.

Les croisières internationales offrent des retombées annuelles évaluées à près de 25 M$ pour la région de Québec.